«Close-up» ou «écriture pour Gaston Miron»

«Je n’ai jamais été un peintre abstrait, j’ai toujours peint la nature»   Jean Paul Riopelle


Titre:    «Close-up» ou «écriture pour Gaston Miron»
Grilles au Théâtre Hector-Charland

Jean Paul Riopelle a dit un jour: «Je n’ai jamais été un peintre abstrait, j’ai toujours peint la nature». Il se référait à sa série des «Mosaïques» peinte dans  les années cinquante qui,  disait-il,  s’inspirait de ses marches en forêt et lorsqu’il levait la tête voyait la lumière jouer dans les feuilles à la cime des arbres.  M’inspirant de ce dire, j’ai appliqué cette logique au projet du théâtre Hector-Charland.

Alors, procédant comme toujours,  je me suis rendu sur les lieux de  l’intervention, car je cherche toujours à trouver un objet, un trait d’architecture, en somme une présence qui m’inspirerait, et c’est alors que les paroles de Riopelle me sont revenues en mémoire.

Ayant commencé par prendre des photos de l’édifice et de ses approches, j’ai alors levé la caméra, lorsque j’ai aperçu les arbres qui vivent dans l’environnement immédiat du théâtre.

À la vue d’un des arbres je me suis dit, «tiens encore un orme! »  Cette arbre que je croyais disparu à cause de la «maladie hollandaise»  et qui avait cours au début des années cinquante…  Ce même arbre qui avait dans les années vingt inspiré Marc-Aurèle Fortin pour une série très importante de tableaux, avait quelques trente ans plus tard, avec son bois servi de matière première aux sculpteurs qui marqueront l’époque… dont Roussil et Vaillancourt entre autres.

Alors,  toujours en restant dans le domaine des arts et plus particulièrement du théâtre et des arts d’interprétation, et dont la parole et l’écriture en sont la matière première, ont fait en sorte de me remettre en mémoire un poème de Gaston Miron. Ce poème est venu donné tout son sens à mon projet,  guidant ainsi mon intervention pour le théâtre Hector-Charland: Le poème: « Tête de caboche ».

Pierre Leblanc

TÊTE DE CABOCHE

Une idée ça vrille et pousse
l’idée du champ dans l’épi de blé
au cœur des feuilles l’idée de l’arbre qui va faire une forêt
et même, même
forcenée, l’idée du chiendent

c’est dans l’homme tenu
sa tourmente aiguisée
sa brave folie grimpante

non, ça n’déracine pas
ça fait à sa tête de travers,
cette idée-là, bizarre! qu’on a
tête de caboche, ô liberté

Gaston Miron

Installation des grilles au théâtre Hector Charland avec la complicité de Vincent Leblanc.

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